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mercredi 20 décembre 2017

[Le Coin Littérature] Un reste de roman noir , du fantastique et les prémices de la SF part 1


Hey les choupinous ! Au programme de ce nouveau [Le coin littérature] : 
- deux romans du XIXe siècle dans lesquels on retrouve des traces de romans gothiques et qui abordent des questions telles qu'on en voit beaucoup dans le genre fantastique ainsi que des sujets dignes de science fiction (Frankenstein , de Mary Shelley / L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde , de Robert Louis Stevenson) ;
- quatre nouvelles fantastiques du XIXe siècle (William Wilson , d'Edgar Allan Poe) / Le Pied de Momie , de Théophile Gautier / Véra , de Auguste de Villiers de L'Isle-Adam / La Morte , de Guy de Maupassant)

Cet article sera présenté en deux parties : la première , publiée aujourd'hui , portera sur Frankenstein , de Mary Shelley, et la seconde partie , qui sera postée dans quelques jours , portera sur les quatre nouvelles fantastiques ainsi que sur L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde .

Let's goooo ! ^_^

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"Tout être présentant une différence avec la moyenne admise par la communauté humaine est par avance exclue de celle-ci ; qui s'arroge même le droit de menacer sa liberté , voire son existence ."


Frankenstein , roman de Mary Shelley publié en 1818 , est un véritable classique de la littérature britannique . En effet : qui n'a jamais entendu parler du monstre de Frankenstein ? Cependant force est de constater que peu de gens connaissent réellement la version originale de cette histoire ; certaines personnes attribuent même à tord le nom de Frankenstein à la créature décrite dans ce roman et non à son créateur . Mais alors de quoi parle réellement ce livre ?

A l'origine , tout est parti d'un petit jeu entre amis , une compétition d'écriture lancée par le Lord Byron , ainsi que d'une discussion macabre portant sur les travaux du Dr. Darwin : Pourrait-on ranimer le principe vital d'un cadavre grâce aux possibilités offertes par le "galvanisme" (applications de l’électricité selon les travaux du physicien Luigi Galvani) . Mary Shelley écrit ainsi l'histoire d'un homme , le Dr. Frankenstein , qui décide de se substituer à Dieu dans le rôle du Créateur grâce à ses compétences en sciences . Son roman est donc généralement considéré comme l’un des premiers textes à ouvrir la voie à un genre nouveau en littérature : la science-fiction (terme qui ne s'imposera pourtant qu'à partir du XXe siècle) . Mais , au moment de sa publication , Frankenstein est surtout considéré comme un très bon roman noir (ou roman gothique) . On retrouve en effet de nombreux éléments récurrents de ce genre telles que l’histoire d'amour entre Victor et Elizabeth qui se termine mal , les descriptions très macabres des cadavres utilisés par Victor pour achever sa création , le mot "horreur" qui revient souvent dans le texte , la série de récits en abyme enchâssés les uns dans les autres , ou encore les invraisemblances (comme par exemple l'étrange capacité de la créature à s'exprimer de manière absolument parfaite - comme on peut le voir lors de ses confrontations avec son créateur - alors qu'il a du apprendre cela de façon très rudimentaire) . Toutefois , comparé aux récits gothiques habituels , le récit de Mary Shelley est moins complexe , l'ambiance macabre plus discrète, l'horreur moins spectaculaire . De plus , fait nouveau , elle ajoute une dimension philosophique à son roman en abordant des questions (notamment sur la vie et la mort) et accorde une place privilégiée à l’intériorisation ; on peut ainsi se plonger dans les pensées des personnages et comprendre au mieux leurs tourments . On est donc très loin de l'ambiance renvoyée par les adaptions cinématographiques ; si on s'attend à une histoire effrayante , à des moments d'action , à un monstre incontrôlable extrêmement présent , ou à toutes sortes de choses du même style , on risque fort d'être déçu puisqu'en réalité Frankenstein est un roman plutôt lent , qui contient de nombreuses descriptions et dans lequel la créature n'est pas aussi présente que l'on pourrait le croire . 
Pour comprendre pourquoi ce roman a pu être considéré comme "effrayant" il faut se souvenir qu'à l'époque de sa parution les théories "galvanistes" fascinaient de nombreuses personnes . En faisant intervenir dans un monde réaliste une créature monstrueuse qui est la conséquence d'une science fortement à la mode à son époque , Mary Shelley est parvenue à créer un sentiment d'angoisse chez ses contemporains . En cela , son roman se rapproche du genre fantastique , même si il est vrai qu'il ne possède pas l'aspect questionnement sur l'origine naturelle ou surnaturelle de l'élément qui vient perturber le quotidien des personnages ; ici l'élément angoissant n'est autre que la créature et , comme on connait son origine scientifique , il n'y a donc pas d’hésitation propre au fantastique . 
On peut également remarquer dans ce roman l'influence romantique . Tout d'abord l'accent est mis sur les paysages qui sont comme une image analogique de l’intériorité des personnages . Et deuxièmement , on retrouve cette valorisation du moi qui s’opère au XIXe siècle et qui va de pair avec une crise du sujet , un mal-être fondamental qui revêt deux formes principales : l’aspiration vers la dissolution et la violence . 

Pour finir de parler des différents genres , il faut également noter l'aspect tragique (en proie à la fatalité qui mène vers la perte) des personnages de ce roman .  Le propre du personnage tragique est d’inspirer terreur et pitié , et c'est ce qu'arrive à faire à la perfection la Créature . Cette dernière n'est en rien responsable de sa monstruosité physique ; elle est victime des envies de grandeurs de son créateur qui , pour le plaisir de son petit ego , a décidé de lui faire une taille immense . Quant aux actes monstrueux qu'elle commet , ils ne sont que la conséquence de la froideur de son créateur à son égard . Au final , même si il arrive à cette créature de se montrer sans pitié et d'avoir un comportement qui peut nous glacer le sang , on ne peut s’empêcher de ressentir de la peine pour elle ; elle qui fut abandonnée au moment même où elle se mit à respirer ; elle qui ressentit de l’écœurement en découvrant la cruauté dont sont capables les hommes notamment en temps de guerre ; elle qui se contenta du minimum pour vivre et qui n'hésita pas à aider les hommes sans rien attendre en retour ; elle qui respecta toujours la nature et ne demanda jamais rien d'autre que d'être écouté , accepté et aimé ; elle qui se révéla être bien plus civilisée , bien plus intelligente , bien plus "humaine" que son créateur et , plus généralement , que les hommes ... Cette créature nous renvoie , tel un miroir , notre propre laideur , et nous fait réfléchir au fait que , finalement , le monstre c'est peut être nous . 
Par ailleurs , le Dr. Frankenstein est lui aussi un personnage tragique qui se trouve étroitement lié à sa créature . Il est tellement obsédé par ses recherches scientifiques qu'il en oublie sa belle vie , ses amis , sa famille ; il devient dépendant de la science comme d'une drogue , cela se transforme en une sorte de fatalité qui le pousse même à penser au suicide . Frankenstein raconte son histoire personnelle à un autre personnage et met ainsi ce dernier (ainsi que le lecteur par la même occasion) en garde à l’égard d’une science qui se croit toute puissante et , notamment ici , capable de créer la vie et de surpasser Dieu .


Conclusion : Frankenstein est un livre qui m'a parfois sembler un peu trop lent et dont les incohérences m'ont un poil perturbé puisque comme vous le savez je suis super tatillonne ^^ . De plus , je n'ai pas été fan de la stylistique du texte . Cependant j'ai trouvé les différents thèmes et sujets abordés vraiment intéressants j'aime tout ce qui parle de monstruosité , de créatures et créateurs ... etc. en général ^^ . En bref , j'ai aimé le fond (l'histoire , les thèmes abordés , l'aspect psychologique ...) mais un peu moins la forme (le style d'écriture de Mary Shelley) .


"Si un seul être quelconque éprouvait à mon égard une émotion bienveillante , je la rendrais multipliée au centuple , pour l'amour de cette seule créature , je ferais la paix avec toute l'espèce humaine!"


Annyeong  ~



Have fun , Emi-chan <3

vendredi 2 décembre 2016

[Le Coin Littérature] Littérature Latine et Romans d'Antiquité


Hey les choupinous ! Au programme de ce second article [Le Coin Littérature] :
- l'Enéide de Virgile , un des plus grands classiques de la littérature latine ,
- Le Roman d'Enéas , un des premiers romans d'Antiquité .
Let's goooo ! ^_^

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"Inclinez vous , écrivains romains , inclinez vous , écrivains grecs , Je ne sais quoi de plus grand que l'Illiade est en train de naître."

Comme je l'ai dit dans mon avis sur le film Tag , ma relation avec l'Enéide de Virgile est assez compliquée . En effet , le fait de devoir le lire m'a mise de mauvaise humeur et j'ai maudis cette oeuvre qui me volait mon précieux temps que j'aurais plutôt préféré investir dans la lecture d'un roman de fantaisie pour ado probablement banal mais distrayant ; je n’hésitais donc pas à dire haut et fort que ça m'aurait bien arrangé que les derniers vœux de Virgile soit exaucés et que son ouvrage soit brûlé , puisque cela m'aurait évité d'avoir à le lire . Cependant , malgré mes mauvaises paroles , j'ai pris un grand plaisir à étudier ce livre , notamment parce qu'il représente un grand puits de culture . Bah oui , l'Enéide est l'un des , si ce n'est LE , plus grands classiques de la littérature latine alors , avant même de le lire , on se doute bien qu'il recèle de grandes choses !

Dès les premières pages de l'Enéide , on ressent l'influence qu'Homère a eu sur Virgile et on reconnait les caractéristiques du genre épique : des apparitions de divinités à tout va , de très longues énumérations , des tonnes de métaphores et d'hyperboles , un sentiment de démesure , un sujet guerrier , un héros exceptionnel , du merveilleux ...
Ainsi , Virgile enrichie la langue et la littérature latine en imitant Homère et en développant une légende , celle des origines de Rome , qu'il n'a pas inventé mais qu'il a re-élaborée et recréé pour donner l'Enéide . On retrouve donc certaines parties très similaires à celles de l'histoire d'Ulysse : la tempête , le sauvetage , le récit en flash-back lors d'un banquet ... etc ; mais on découvre également des parties ayant subies des transformations importantes telle que le passage de la descente aux enfers qui , chez Virgile , est connotée d'une dimension religieuse ignorée de l'épopée grecque . Un grand travail de réécriture et de composition , donc .

Les six premiers chants de l'Enéide nous racontent de nombreuses choses intéressantes . Tout d'abord on vit ici la guerre de Troie du point de vue des Troyens et on apprend que cette tragédie était à la fois inévitable , puisque décidée par les Dieux , et nécessaire pour la construction futur d'une "meilleure Troie : Rome" . Ensuite , on découvre la courte et triste histoire d'amour entre Enée et Didon c'est parce qu’il est pieux et obéissant qu'il l'a fait souffrir et pas du tout parce que c'est un play-boy égoïste ... Mouai , mouai , mouai >_< puis les jeux en l'honneur d'Anchise , le père d'Enée , qui ressemblent fortement à un entrainement en vue de la future guerre à venir et , pour finir , on découvre l'intense passage de la Catabase . 
Les six derniers chants , quant à eux , se concentrent principalement sur la guerre qui oppose le "pieux Enée" au "pas si méchant Turnus" bah oui quoi , quand on te promet une femme et des terres depuis toujours et que , tout d'un coup , un étranger vient tout de piquer sous prétexte que "C'est les Dieux qui l'on dit , Nananinanèreeeu !" , je pense que t'as le droit de te révolter sans que cela fasse de toi un "méchant" pour autant ^^" ! .

Le problème c'est que cette épopée a été écrite par Virgile dans le but d'enraciner l'éloge du maître de Rome , c'est à dire d'Auguste , dans le passé le plus lointain de sa ville et de montrer que , loin d'être le fruit du hasard , son accession au pouvoir avait été voulue par le destin phrase paraphrasée de mon cours de transferts culturels je crois ^^ ; ce n'est donc pas un divertissement littéraire mais plutôt une épopée qui pose la question des origines de Rome . Du coup , ça sent la propagande à trente kilomètres ! >_< Mais ce qui m'a le plus dérangé dans cette histoire , c'est le personnage d'Enée en lui même . Dans l'Illiade d’Homère , Enée était un personnage déjà existant mais qui ne possédait pas un rôle capital ; l'écrivain disait même de lui que "au cœur de la bataille , Enée reste immobile , à l’arrière du gros ; il en veut toujours au divin Priam qui , malgré sa bravoure entre tous les guerriers , ne lui rend pas hommage" . A la suite de cela , Enée est vu comme un personnage lâche qui aurait fui sa cité en flammes au lieu de la défendre , ou de mourir en même temps qu'elle . Et , pire encore , des soupçons de traîtrise pèsent sur lui puisque , selon certaines traditions , il aurait lui même ouvert les portes de Troie au Grecs pour que ces derniers lui laisse la vie sauve à lui et à sa famille . Alors évidemment , Enée n'est pas le meilleur des ancêtres possibles à première vue ! ^^" Virgile va donc prendre sa défense dans son récit et faire intervenir , encore et encore , des divinités qui le dédouanent de ses crimes . Cela ne m'aurait pas tant dérangé que cela si il ne l'avait fait que pour le passage de la "nuit fatale de Troie" mais ce procédé est tellement utilisé que cela m'a vraiment donné l'impression qu'on essayait à tout prix de me convaincre que "Enée est suuuuper gentils et super pieux , et puis ses erreurs ne sont pas des erreurs puisqu'il ne fait que suivre les ordres des Dieux le pauvre choux , et blahblahblah ..." . Bref , vous l'avez compris , je ne suis pas vraiment adepte de se genre de propagande abusive et je ne suis pas une grande fan du personnage d'Enée >_< . 

Conclusion : L'Enéide est un livre tellement riche et passionnant à étudier que je pourrais dire encore pleins de choses dessus ... mais je préfère m’arrêter là pour que l'article ne fasse pas trois kilomètres de long ^^ . Cependant , même si d'un point de vue historique et technique c'est un "grand livre" , d'un point de vue divertissement littéraire c'est une véritable horreur ; c'est long , pompeux et ennuyeux ! >_<


"Cupidon, changeant de visage et de traits, prendra la place du doux Ascagne ; par ses présents il embrasera la reine affolée et mettra le feu à la moelle de ses os."

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"Jamais, je le crois, n'a bien aimé qui veut blâmer quelqu'un qui aime."

Au XIIe siècle , on trouve de nombreuses reprises en médio-latin des textes classiques mais on ressent également pour la première fois le désir de lire les auteurs de l'Antiquité en français ; ainsi , vers le milieu du siècle , apparaissent les romans d'Antiquité (également appelés "roman antiques") . Deux romans se disputent le titre de premier "roman" français : Le Roman de Thèbes et Le Roman d'Enéas .

Tout comme Virgile avait donné des lettres de noblesse à la langue latine en s'inspirant d'Homère pour écrire l'Enéide , l'auteur anonyme du Roman d'Enéas offre ses lettres de noblesse à la chevalerie du Moyen Age en s'inspirant de Virgile pour confectionner son oeuvre .
Le Roman d'Enéas a pour source l'Enéide de Virgile ; à plusieurs reprise l'auteur de ce livre suit le texte latin mot à mot , comme pour le passage de la catabase ou de la tempête déclenchée par Junon . Cependant l'auteur fait également preuve d'invention et ajoute ou modifie des passages de son hypotexte pour l'actualisé et ainsi adapté l'histoire à son époque . Ici les héros antiques sont donc peints sous les traits des chevaliers du XIIe siècle : les compagnons d'Enée sont présentés comme ses barons ou ses chevaliers et , tel un seigneur féodal , Enée consulte ses derniers avant de prendre des résolutions . De plus , les descriptions de batailles , des sièges et de l'armement des combattants , renvoient aux réalités militaires médiévales . 
Aux XIIe siècle , de nouvelles thématiques apparaissent , une inspiration baroque s'épanouit et la femme fait réellement son entrée dans la littérature . Ainsi , les personnages de Didon , Camille et Lavine ont ici une plus grande importance . 
Ce siècle porte également beaucoup d'importance au respect de la religion et des mœurs . L'épopée latine se retrouve donc christianisée : de nombreux rituels païens décrits par Virgile sont omis et les invocations aux Muses sont supprimées tout comme la plupart des scènes mythologiques . Ainsi , les actions commises par des messagers des Dieux dans l'hypotexte sont ici rationalisées (l'implication des Dieux est remplacée par l'action d'un être humain ou par un simple concours de circonstances) . Il en va de même pour la descente aux Enfers , thème qui fait partie intégrante de l'apologétique chrétienne et dans lequel on peut ici voir le thème du purgatoire pointer le bout de son nez .
L'adaptateur recouvre donc les motifs antiques de motifs chrétiens .

En ce qui concerne la structure , on peut expliquer la découpe de ce livre de deux façons : 

-La première est la suivante : la première partie de ce livre repose sur le thème de l'errance et de la quête ; la partie centrale est consacrée à la guerre pour l'obtention simultanée de l'épouse et du fief ; et la dernière partie se concentre sur les amours d'Enéas et Lavine (passage qui n'existait pas dans l'Enéide et qui donc été rajouté par l'auteur du Roman d'Enéas) . Dans ce livre , le "pieux Enée" laisse place au "Enéas amoureux" qui représente une invention médiévale , celle du héros découvrant les surprises et les tourments de l'amour avec Lavine . 
-Mais on peut également découper ce roman en trois mouvements où chacun d'eux trouve son unité autour d'un des thèmes associés aux trois déesses . Le premier mouvement développe donc le thème de Junon , la puissance et la gloire , et est consacré à la quête de la terre promise . Le second développe le thème de Pallas , prouesse et "chevalerie" , et retrace les épisodes qui marquent la guerre que Turnus livre à Enéas . Le dernier répond au thème de Vénus et dépeint la naissance de l'amour entre Lavine et Enéas .

En ce qui concerne la stylistique , les auteurs de romans antiques , à l’exception d'Alexandre de Paris , utilisent le couplet d'octosyllabes à rimes plates , qui deviendra le mètre romanesque par excellence . Je trouve que ce procédé rend le Roman d'Enéas beaucoup plus facile et agréable à lire que l'épopée latine de Virgile . Cependant , même si j'ai pris beaucoup plus de plaisir à lire le Roman d'Enéas qu'à lire l'Enéide , j'ai trouvé que l'hypotexte était beaucoup plus intéressant à lire que son hypertexte . De plus , même si l'auteur du Roman d'Enéas a fait des changements (amplifications , abréviations , modification de la succession des événements ...) très judicieuses qui permettent de fluidifier l'histoire , de la rendre plus compréhensible et moins ennuyeuse , il n'a pas réussi à me faire ressentir autant d'émotion que dans certaines scènes de l'Enéide (notamment dans la scène de mort des amoureux Nisus et Euryale) . Autre petite différence pour finir : ici j'ai eu moins de compassion envers Turnus et j'ai un tout petit peu moins détesté Enéas . ^^'

Conclusion : Le Roman d'Enéas s'inspire très fortement de l'Enéide de Virgile tout en apportant de nouvelles idées . Ce livre se concentre sur les personnages féminins et la peinture du sentiment amoureux , plutôt que sur les tableaux de combats de son modèle . De plus , le rythme est plus entraînant , les interventions des divinités sont presque inexistantes et le style est plus agréable . Cependant certaines scènes sont moins puissantes que celles originales (la catabase , la mort de Nisus et Euryale ...) ce qui est un peu dommage .


"Oh ! malheureuse, comme il me tarde qu'il me fasse subir son châtiment ! Très cher ami, si cela vous plaisait, je me rendrais nu-pieds à votre tente ; ce serait un délice, je n'éprouverais ni mal ni douleur."


Annyeong  ~


A force , ça va devenir une habitude de mettre V à la fin de mes articles [Le Coin Littérature] , hihihi ^^

Have fun , Emi-chan <3

mardi 5 juillet 2016

[Le Coin Littérature] Balzac et Beckett


Au programme de ce premier article [Le Coin Littérature] : Trois livres de Samuel Beckett (En attendant Godot , Oh les beaux jours et Fin de partie) et trois histoires signées Honoré De Balzac (Le Père Goriot , L'élixir de longue vie et El Verdugo) . Let's gooooo ! ^_^

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Le Père Goriot - Honoré De Balzac

"Je n'ai point froid si elles ont chaud, je ne m'ennuie jamais si elles rient. Je n'ai de chagrins que les leurs."

Le Père Goriot n'est pas un livre réputé pour être "facile" à lire , et ce notamment à cause de ses premières pages remplies de descriptions , cependant j'ai pris énormément de plaisir à le découvrir et à le lire . Après ces déclarations , vous devez surement vous dire que j'adooore le mouvement réaliste et ces fameuses longues descriptions à ne plus en finir ... Et bien non ! Au contraire même , je dois bien avouer que je n'accroche pas facilement aux histoires dont le rythme est cassé par cela , Madame Bovary m'en est témoin  >_< . Pourtant , mon expérience avec Le Père Goriot c'est très bien passé ; alors , si vous aussi les pavés de descriptions à tout va vous rebutent , laissez tout de même une chance aux livres qui en contiennent , vous verrez : on est jamais à l'abris d'une bonne surprise . ^_^

Le Père Goriot contient donc de nombreuses descriptions qui sont parfois un peu trop longues , certes , mais qui ont le mérites de réussir à totalement nous plonger en plein automne 1819 à Paris . Il est particulièrement facile de s'imaginer la pension Vauquer , répugnante et déprimante à souhait , et cela permet de rendre le récit plus réaliste mais aussi plus vivant , je trouve . Et puis , évidemment , il n'y a pas que des descriptions dans ce livre ; il y a également une histoire bouleversante dans laquelle sont incorporés de nombreux thèmes et sujets intéressants et délicats et presque tout autant de personnages imparfaits mais tellement humains .


Le Père Goriot c'est tout d'abord l'histoire d'un père qui aime ses filles plus que tout mais qui les aime mal . En effet , il cède aux moindres de leurs caprices , quitte à ruiner à la fois ses finances et sa vie ; il les surprotègent et les pardonnent constamment et , comme il ne reçoit toujours aucune reconnaissance de leur part , il finit par acheter leur amour . Le Père Goriot c'est donc tout d'abord l'histoire d'un homme mal aimé , pitoyable et terriblement attachant et touchant .

Mais Le Père Goriot c'est aussi et surtout l'histoire d'Eugène de Rastignac , un jeune homme ambitieux qui , en partant à la conquête d'un titre , va faire la connaissance de deux hommes qui prendront la place de pères de substitution auprès de lui (ces deux hommes étant le Père Goriot et Vautrin) . Tout d'abord innocent et un peu naïf , Eugène de Rastignac qui croyait initialement en l'amour et en la possibilité de réussir tout en restant moralement propre , finira par devenir aussi ambitieux et cynique que Mme de Beauséant et que Vautrin . Le Père Goriot c'est donc surtout l'histoire d'un jeune homme ambitieux qui va découvrir les codes et les habitudes de la haute société et comprendre que , dans ce monde , seul l'argent est roi .
Pour finir , Le Père Goriot c'est un livre qui nous parle énormément d'argent mais également de paternité . Commençons par notre chère Père Goriot ; c'est un père qui aime ses filles , qui les aime mal certes mais qui les aime plus que tout au monde quand même ; il serait près à donner son argent et même sa santé pour elles . Ensuite nous avons le père de Victorine , Monsieur Taillefer , qui est l'exact opposé et donc l'archétype même du père absent et odieux . Ce dernier rejette constamment sa fille , il refuse même le seule idée de la reconnaître alors que Victorine est une jeune femme absolument adorable ; elle est innocente et généreuse , elle se moque de l'argent et ne recherche qu'un amour sincère . Et puis finalement , nous avons Vautrin car , même si ce dernier n'est le père biologique de personne , il joue bien les pères de substitution pour Rastignac et Victorine en apprenant les codes de la société au premier et en prenant soin de la seconde .

Au final , Le Père Goriot est un livre extrêmement riche qui nous parle de nombreuses choses : d'expériences de vie , d'argent , de pouvoir , de vieillesse , de morale , de perte de l'innocence , d’ambition , d'amour , de religion ....

Un livre composé de longues descriptions un peu effrayantes aux premiers abords mais que je vous conseille tout de même de tester parce que , on ne sais jamais , vous pourriez vous surprendre à l'adorer . Et puis , vous verrez , les dialogues sont piquants à souhait ! ^o^

"Goriot mettait ses filles au rang des anges, et nécessairement au-dessus de lui, le pauvre homme ! Il aimait jusqu'au mal qu’elles lui faisaient."

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L'élixir de longue vie (précédé de El Verdugo) - Honoré De Balzac

"Ah ! ne m'en parlez pas, s'écria le jeune et beau don Juan Belvidéro, il n'y a qu'un père éternel dans le monde, et le malheur veut que je l'aie !"

Deux petites nouvelles de Balzac : 
Dans L'élixir de longue vie , Balzac réalise une réécriture du personnage de Don Juan et de l'histoire de Faust . Ce nouveau Don Juan est un personnage égoïste , frivole , arriviste ... Oui , je pense que l'on peut dire que c'est un personnage totalement détestable ! >_< L'histoire est courte mais particulièrement marquante parce qu'elle a quelque chose de perturbant , d'angoissant voir même d'effrayant . Le passage où Don Juan écrase l’œil de son père m'a hanté pendant pas mal de temps T_T . D'un point de vue artistique comme technique , ce n'est pas mon livre préféré écrit par Balzac ; cependant , il faut bien reconnaître que le style d'écriture baroque est intéressant et que de nombreux thèmes fantastiques et sombres sont abordés (la paternité et le parricide , l'inacceptation de sa nature mortelle , les dangers de l'immortalité , la religion et ses croyances , la résurrection ...) .
Quant à El Verdugo , c'est un texte très court (une dizaine de pages seulement) narrant une histoire tragique , sadique et cruelle se déroulant durant la campagne d’Espagne de Napoléon .

Conslusion : Ces deux nouvelles ne font clairement pas partie de mes lectures favorites , vous l'aurez compris , mais elles sont courtes donc pourquoi ne pas les tenter ? 


"La mort est aussi soudaine dans ses caprices qu'une courtisane l'est dans ses dédains, mais plus fidèle, elle n'a jamais trompé personne."

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En attendant Godot - Samuel Beckett

"Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent."

Le théâtre de l'absurde est un style que je n'avais que peu côtoyé et aimé avant de lire les trois œuvres de Beckett dont je vais vous parler dans cet article . Et maintenant , est ce que j'aime ce style ? Et bien en fait , je ne sais pas vraiment mais en tout cas , une chose est certaine , c'est que j'ai trouvé cette expérience très intéressante .

En attendant Godot est une pièce de théâtre en prose et en deux actes qui abordent une multitude de thèmes philosophiques tels que le sens de la vie , le temps qui passe , la remise en question de l'utilité de la mémoire , la routine incessante et déprimante ou encore l'espoir dans la foi . Il n'y a clairement pas beaucoup d'action dans cette pièce , et c'est peu de le dire ! , mais pourtant cela m'a intéressé ; je ne comprenais pas bien au début , je n’étais même pas sur qu'il y avait réellement quelque chose de profond à comprendre mais j'avais envie de comprendre . 

Les décors sont quasi inexistants (un arbre , un banc ...) , les personnages sont étranges (des "clochards" , un "maître" et son "esclave" , un "enfant serviteur de Godot" ...) , les dialogues semblent répétitifs et dénués de toute logique ... Mais malgré tout cela , j'ai ressenti que En attendant Godot était une pièce intéressante sur le temps qui passe et la répétition de nos actes jours après jours . Je me suis posée de nombreuses questions comme "Godot existe-t-il vraiment ?" , "Et de quoi ce dernier doit-il sauver nos personnages principaux ? De l'ennuie tout simplement ou d'autre chose ?" , "Sommes nous dans un univers absurde ou est ce censé être une représentation d'un monde post apocalyptique où ces personnages étranges seraient les derniers survivants de l'humanité ?" , "Pourquoi cette obsession des pieds ?" ... Et tant d'autres . ^^'

Au final , En attendant Godot est une pièce composée de dialogues de sourds , de situations absurdes et de véritables réflexions philosophiques sur l'absurdité de l'existence . Le théâtre de l'absurde est un style particulier et Beckett n'est pas un auteur qui fait l'unanimité , avec lui soit on adhère soit on déteste donc , comme d'habitude , je vous conseille de tester pour vous faire votre propre idée , hehe . ^_^

Ah ! Et sinon , petite anecdote , plus de cent ans avant Beckett , Balzac avait mis une pièce nommé Mercadet qui parlait notamment de l'absence et de l'attente à travers le personnage de Godeau . 

"Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire."

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Oh les beaux jours - Samuel Beckett

"Non, il faut que ça bouge, quelque chose, dans le monde, moi c'est fini."

Je me souviens avoir lu un jour un commentaire disant "Beckett c'est indigeste à lire mais beau à voir" ; et bien cette phrase a pris tout son sens pour moi lorsque je me suis lancée dans la lecture de Oh les beaux jours car , des trois ouvrages de Beckett dont je vais vous parler dans cet article , c'est bien celui ci que j'ai trouvé le plus compliqué et le moins agréable à lire . J'ai aimé Oh les beaux jours ... mais pas tout de suite , il m'a d'abord fallu le finir , puis j'ai du y réfléchir un moment , à tête reposée , pour comprendre toute son ampleur et enfin me dire "Oui , cette pièce est belle !" . 

Oh les beaux jours est un monologue de théâtre , ou plutôt un "faux monologue" puisque , même si Willie est caché à l'arrière et qu'il ne parle pas , il pousse tout de même de temps en temps des petits grognements que l'on pourrait interpréter comme des réponses aux questions de Winnie . Cette dernière est une femme d'une cinquantaine d'années , à demi-enterrée jusqu'au centre d'un mamelon , qui sort des objets de son sac , les décrit puis finalement les range à leur place initiale . Elle parle de ce qu'elle veut faire de sa journée , elle raconte ses souvenirs passés , elle tente de communiquer en vain avec son tendre Willie ... Elle perd la mémoire , les jambes , la vue ... Pourtant elle garde la joie de vivre , elle s'obstine à survivre et à prendre soin de son Willie ; et c'est pour cela que ce personnage est aussi émouvant et attendrissant . 

Beckett aborde ici des thèmes qui lui son familier : le temps qui passe , la condition humaine , l’incessante répétitivité de la vie , la solitude , l'attente , le silence , le langage qui perd son sens ... Les didascalies sont abondantes et c'est principalement pour cette raison que ce texte est aussi difficile à lire ; cependant c'est aussi grâce à ces fameuses didascalies et à tout ces silences très présents que les rares paroles de Winnie arrivent à avoir autant d'impact . 


Au final , Oh les beaux jours est une pièce pleine de philosophie qui est très intéressante à étudier mais que je vous conseille plus de voir que de lire parce qu'elle est assez compliquée .


"Étrange sensation, que quelqu'un me regarde. Je suis nette, puis floue, puis plus, puis de nouveau floue, puis de nouveau nette, ainsi de suite, allant et venant, passant et repassant, dans l'œil de quelqu'un."

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Fin de partie - Samuel Beckett

"Des fois je me demande si j'ai tous mes esprits. Puis ça passe, je redeviens intelligent."

Fin de partie est la troisième et dernière pièce de Beckett dont je vais vous parler aujourd'hui . Comme dans les précédentes œuvres citées , on aborde des thèmes importants pour Beckett : le temps qui passe , la mort qui approche , la répétitivité des choses , l'immobilité , l'absence de sens dans les paroles ... On retrouve également les décors minimalistes , l'humour noir , les personnages pathétiques et émouvants et évidemment ces trop nombreuses et donc dérangeantes didascalies "un temps" grr >_< . Et puis on rajoute quelques dialogues savoureux , et voilà ! , nous avons Fin de partie .

Cette pièce met en scène Hamm , un personnage principal aveugle qui se montre souvent odieux dans ses paroles et qui ne peux déplacer son fauteuil roulant qu'avec l'aide de son "peut être fils adoptif" , Clov , qui marche lui même plutôt difficilement . Quant aux parents de Hamm , Nell et Nagg , ils ont perdu leurs jambes dans le passé lors d'un accident de tandem dans les Ardennes et se voient obligés de vivre depuis dans des poubelles mais , malgré cela , ils continuent de rire de leur malheur et de s'aimer comme au premier jour . 
Tout ce "joli petit monde" semble coincé derrière ces quatre murs et ces deux fenêtres ; ils attendent "l'heure de la blague" , "l'heure des médicaments" , "l'heure du repas" ... Ils attendent que les jours passent , tout comme certains attendent Godot ou que d'autres attendent tout simplement la mort .

Au final , Fin de partie est surement plus "facile" ou plus agréable à lire que En attendant Godot ou que Oh les beaux jours , grâce à son nombre de personnages plus important et à ses dialogues remplis d'humour noir et de sarcasme .


"J’emploie les mots que tu m’as appris. S’ils ne veulent plus rien dire apprends-m’en d’autres. Ou laisse-moi me taire."

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Annyeong  ~


Non , non , ne cherchez pas , il n'y a absolument aucun rapport avec le reste de l'article ... XD

Have fun , Emi-chan <3

lundi 16 mai 2016

Mangas , Livres ... Le Coin Littérature


Légende :
Les notes entre parenthèses (exemple : (8,5) ) correspondent à la note sur 10 donnée dans la critique d'Emi-chan ou Mayu
Le ♥ à droite de la note signifie "Petit coup de cœur" d'Emi-chan ou Mayu
Les ♥ ♥ à droite de la note signifient "Grand coup de cœur" d'Emi-chan ou Mayu


Livres/Nouvelles/... :

Bone Parade (avis rapide)
Disparu à jamais (avis rapide)
En attendant Godot - Samuel Beckett
Enéide de Virgile
Fin de partie - Samuel Beckett
Frankenstein - Mary Shelley
L'élixir de longue vie (précédé de El Verdugo) - Honoré De Balzac
L'Introduction à la psychanalyse (avis rapide)
Le Père Goriot - Honoré De Balzac
Le Roman d'Enéas
Oh les beaux jours - Samuel Beckett







Mangas/Manhwas/... (one shots)  :

12 O'Clock Bell Rings
30-sai, Shojo OL
Akuma wa Sasayaku
Anfang
Ashita kara wa Mou Nomimasen
Boys be Zombitious
Calling
Escape from High School Girls
Fermer Mardi
Fushigi no Heya no Ouji-sama
Genjui Toteku
Guru Guru Circus
Koakuma no Jikku!
Rokuyoku
Sacrifice Mansion
Toki Doki ♥
Walking