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mardi 14 avril 2020

Littérature et Cinéma - Article N°2


Hey les Choupinous ! Je vais vous parler aujourd'hui de deux films japonais réputés pour être des pures chefs-d'oeuvre mais que je n'ai personnellement pas réussi à apprécier . Si on ajoute à cela le fait que je les ai visionné il y a un petit moment maintenant , j'ai un peu peur que mes avis dessus ne soient pas de super bonne qualité mais bon je vais quand même essayé de faire en sorte qu'ils ne soient pas complètement mauvais , haha >_< Dans tout les cas , je vous présente mes excuses à l'avance si jamais vous trouvez cet article moins bon que ceux habituels ou si vous êtes outrés de me voir critiquer un film que vous considérez intouchable ; mon humble avis n'engage évidemment que moi et Mayu aussi en fait puisqu'elle non plus n'a pas apprécié ce qu'elle a vu de ces deux films ^^"  , il n'a aucune valeur universel et ce n'est pas parce que je n'ai du tout adhéré à Shichinin no samurai que cela veut dire qu'il est forcément mauvais . Bon , maintenant que j'ai pris mes précautions pour éviter de me recevoir des pierres , allons y ! Yeah ! ...


Sommaire :

Article N°1 :
Fritz Lang, Man Hunt [Chasse à l’homme], E.-U., 1941. 
Jacques Tourneur, Cat people [La Féline], E.-U., 1942.

Article N°2 :

Kenji Mizoguchi, Sancho dayu [L’Intendant Sancho], Jap., 1954.
Akira Kurosawa, Shichinin no samurai [Les sept Samouraïs], Jap. 1954.

Article N°3 :

Clint Eastwood, Letters from Iwo Jima , E.-U., 2006.
Terrence Malick, The Thin Red Line [La Ligne rouge], E.-U., 1998.

Article N°4 :

Carl Theodor Dreyer, Vampyr, ou l'étrange aventure d'Allan Gray, Fr., All., 1932.
Max Ophüls, Madame de, Fr., 1953.
Elia Kazan, Splendor in the grass [La Fièvre dans le sang], E.-U., 1961.


Shichinin no samurai [Les sept Samouraïs]

Shichinin no samurai est le film que j'ai eu le plus de mal à terminer parmi tout ceux au programme de mon cours de Littérature et Cinéma , et ce pour plusieurs raisons . Tout d'abord , il est particulièrement long puisqu'il ne dure pas moins de trois heures vingt-sept O_O ! Et je l'ai trouvé d'autant plus long que , toutes les cinq minutes , je me disais "Mais... c'est nul ! >_<" et pourtant je suis extrêmement bon public . Il aura fallut plus de cinquante minutes de visionnage avant que l'ambiance ne devienne un peu plus sérieuse et l'histoire un peu plus intéressante , mais bon qu'est-ce que cinquante minutes dans un film de plus de trois heures , pas vrai ? Haha... >_< Enfin , je dis "plus de trois heures" , mais si on décompte le début qui consiste en du texte accompagné de musique et l'interlude musicale qui dure entre cinq et dix minutes (vers 1 H 47 de film) , peut être qu'il ne dure finalement "que" trois heures...

Bon , je commence fort mais Shichinin no samurai n'est évidemment pas un film "nul" sinon il ne serait pas considéré comme un chef d'oeuvre par autant de personnes . Il montre parfaitement bien la détresse des paysans qui n'en peuvent plus des guerres , des impôts et des bandits , en particulier dans la scène époustouflante où ils essayent de ramasser les quelques grains de riz parsemés sur le sol ; une version alimentaire de l'expression "un sou est un sou !" en quelque sorte . Il offre également une version très bestiale des hommes ; ils ne savent quasiment pas converser sans crier et faire des grimaces , dans la scène où le ronin apporte de la nourriture pour bébé , un personnage caché dans une cabane crie comme un monstre sauvage puis les villageois se réjouissent autour du corps mort d'un homme , quand un prisonnier est fait par les samouraïs , tout le village s'emporte et , lorsqu'ils se font attaquer , les villageois courent dans tous les sens tel du bétail apeuré ou des fourmis sortant d'une fourmilière en feu . Cette image bestiale et primitive de l'Homme est contrebalancée par la vision des samouraïs qui sont maître d'eux-même , civilisés et réfléchis . Néanmoins , un samouraï résiste à cette règle et son comportement se montre plus proche de celui des villageois que de celui de ses camarades , il s'agit de Mifune que je surnomme personnellement le "samouraï sauvage" . Mifune et les villageois courent partout , ils poussent des cris étranges , agissent sans réfléchir ; les acteurs qui les interprètent surjouent , abusent des grimaces , bref ils en font beaucoup et , à mes yeux , ils en font même trop . J'ai vraiment eu énormément de mal à supporter cette manière de jouer et c'est en grande partie à cause de cela que j'ai autant détesté regarder ce film . Car , oui , il faut bien l'avouer , j'ai passé un très mauvais moment devant Shichinin no samurai . Hormis ce surjeu horripilant , j'ai été perturbée par un petit détail : plusieurs acteurs semblent porter de faux cranes chauves (surtout dans la foule de paysans) et cela donne malheureusement un rendu assez "cheap" , fait à la va vite , au film , ce qui est d'autant plus dommage que le reste des costumes et des décors sont réalistes et de très bonne qualité . J'ai également trouvé la majorité des combats ridicules (les coups partent dans tous les sens et ne touchent clairement pas leur cible ; il faudra attendre plus de deux heure avant de voir une stratégie de combat naître enfin , c'est peut être réaliste mais c'est surtout long !) et la romance inintéressante (on respecte l'intimité du couple , on leur laisse de la discretion pour qu'ils se rapprochent loin des caméras mais à cause de cela on les voit peu et on s'attache donc difficilement à eux) voir même décevante (le garçon ne protege pas du tout sa copine de la colère de son père >_<) . Les quelques femmes présentes dans le film ne sont là que pour crier à l'aide , pleurer et se faire dominer , poursuivre et imposer des choix par les hommes , c'est donc peu de dire que l'action se déroule dans une ambiance machiste . Ce n'est pas un default du film , c'est très certainement l'époque (Sengoku) qui veut cela , mais ce n'est clairement pas l'ambiance la plus sympathique qui soit . Ici , tous les héros sont des hommes mais tous les hommes ne sont pas des héros qui vivent pour protéger la veuve et l'orphelin , certains refusent notamment d'aider les fermiers car il ne trouve pas cette mission assez glorieuse . Shichinin no samurai ouvre donc des questionnements intéressants sur la gloire , la peur , ainsi que sur la mort et ce qui vient possiblement après . J'ai apprécié cet aspect plus sérieux du film , tout comme j'ai aimé sa fin qui possède une certaine touche de cynisme ; après une bataille enfin finement organisée contre des bandits qui ont l'avantage d'avoir des mousquets , l'histoire se conclue sur la phrase positive "une nouvelle fois nous avons survécu" mais également sur celle plus ambiguë "nous avons perdu cette bataille , la victoire revient aux paysans" , puis , sur fond de musique , deux plans sont mis en valeur : le premier montre les gens qui travaillent de nouveau dans les champs et le second , les tombes des samouraïs . Malgré une victoire bien méritée , la dureté de la vie est restée la même ; les gens risquent leur vie au combat pour obtenir la possibilité de continuer une vie modeste et non pas pour obtenir des richesses ou des terres supplémentaires , le riz est toujours une denrée précieuse , le confort est toujours moindre dans les habitations , les conditions de vie sont toujours rudes...
Si le fond m'a donc plus facilement convaincu que la forme , il y a tout de même un aspect de cette dernière que j'ai apprécié et il s'agit de la photographie . Plusieurs plans sont vraiment très bien choisis et particulièrement esthétiques ; j'ai personnellement trouvé de nombreux paysages très jolis et j'ai adoré toutes les scènes se déroulant dans les champs de fleurs . ^o^

Conclusion : Shichinin no samurai met en scène un mélange de détresse (pauvreté et ras le bol des fermiers) , de violence (guerre , disputes) et de ridicule (le surjeu , les grimaces et mimiques faciales exagérées , les intonations de voix) ; malheureusement ce dernier point est la raison pour laquelle je n'ai pas réussi à apprécier ce film . Les magnifiques champs de fleurs et le dur réalisme de l'époque Sengoku-jidai n'auront pas suffit à me faire oublier les cris à outrance des acteurs . Alors oui , Shichinin no samurai est considéré comme un pure chef-d'oeuvre , et oui la majorité des gens semblent lui attribuer un 9/10 voir carrément une note parfaite , mais cela ne veut pas pour autant dire que l'on passera forcément un bon moment en le regardant , j'en suis la preuve vivante enfin vivante jusqu'à ce que les fans hardcore tombent sur mon avis et décident de me jeter des pierres dans la mouille , haha... >_< ...





Sanshō dayū [L’Intendant Sancho]

Sanshō dayū est un film japonnais qui , tout comme Shichinin no samurai , est sorti en 1954 . Ils partagent donc des thèmes communs et des scènes similaires (la famine , les taxes sur le riz , les histoires de bandits et de vendeurs d'esclaves , la foule de paysans qui s'emporte , la notion de survie qui prime sur celle de vie , etc.) mais les abordent de manière totalement différentes . Si j'ai reproché à Shichinin no samurai sa tendance à basculer facilement dans le surjeu et le ridicule , c'est à cause de son aspect "plombant" que j'ai eu du mal à apprécier Sanshō dayū . Ceci étant dit , je dois reconnaître que , bien qu'il est loin d'être divertissant , ce film est de si bonne qualité qu'il en est marquant .

Tout débute avec la fuite d'une femme accompagnée de ses deux enfants et de sa vieille servante , ce qui donne lieu à un très joli plan dans les hautes herbes (ou les fleurs) . Néanmoins , ce petit groupe va rapidement se retrouver séparé à la suite d'une scène tragique sublimée par son accompagnement musical dissonant , désagréable , primitif et semblable au cri déchirant de cette famille séparée ; un morceau de flute que j'ai donc détesté écouter mais qui est , il faut bien l'avouer , totalement approprié à l'action qu'il accompagne . A partir de là , on perd de vu la mère et on se concentre sur le cruel destin de ses enfants qui vont devoir travailler pour un maître malveillant , pour un tyran . La vie rude et injuste des serviteurs est bien montrée et on est évidemment outré en voyant des enfants , des personnes âgées et des malades devoir travailler sans relâche en espérant qu'une douce mort viendra enfin les libérer . Les scènes de punissions sont également difficiles à regarder : coups de baton , tendons coupés pour ne pas pouvoir s'enfuir , brûlures au fer même sur des femmes et des personnes de 70 ans... ; c'est révoltant , écœurant !
Après une ellipse d'une dizaine d'années , on retrouve nos deux enfants devenus jeunes adultes . La petite fille a laissé place à une jeune demoiselle courageuse , pleine d'empathie et qui possède un fort sens du sacrifice . Son frère , quant à lui , a malheureusement été influencé par ses conditions de vie difficiles , il a apprit dans la douleur que ceux qui possèdent le pouvoir , que ceux qui parviennent à survivre tout simplement , sont ceux qui se montrent cruels , égoïstes et violents , il s'est donc endurci au fil des années jusqu'à devenir lui même l'un des monstres qui frappent et humilient les gens les plus faibles au lieu de les aider et de les protéger . Heureusement son histoire ne s'arrête pas là , en fait elle ne fait que commencer . En s'accrochant à l'espoir de retrouver sa mère , pourtant peut être déjà morte , ce jeune homme abîmé va se lancer dans un voyage au bout duquel il choisira de se battre contre des idées politiques qu'il exècre , de lutter pour faire changer les choses , pour rendre les hommes libres et égaux , pour interdire l'esclavage... 

Ai-je aimé Sanshō dayū ? La réponse est non . Ce film dure 2h05 et , comme il est assez lent et que l'ambiance est suuuuper pesante , je les ai vraiment senti passer >_< ! Mais est-ce que je trouve que Sanshō dayū est un bon film ? Oui . Le jeu d'acteur est convainquant , les décors et les costumes sont de qualité , la réalisation est extrêmement soignée , tout est totalement maîtrisé , que ce soit la musique , les plans de caméras , les transitions entre les différentes scènes... Techniquement , c'est magnifique ! J'ai particulièrement été marquée par la scène du suicide (la disparition dans l'eau donne une impression d'avancée vers un autre monde et laisse donc un sentiment d'intemporalité plutôt que de fin nette) , la scène où la mère vieillie et affaiblie continue de chanter sa triste chanson malgré le peu de force qu'elle possède encore (peut importe la distance , la douleur , la dureté de la vie , l'amour véritable reste immortel ! ^o^) et la scène de retrouvailles finales (le désespoir de ne pas être reconnu dans un premier temps puis la reconnaissance grâce à un objet d'enfance) .

Conclusion : Une photographie et une maîtrise du montage absolument sublime , une bande son dissonante mais à l'utilisation intelligente , une histoire intense et poignante , des personnages bien écrits , un cri de révolte puissant... Un film excellent mais que je n'ai malheureusement pas réussi à apprécier pleinement (du coup j'ai l'impression que mon avis est franchement moyen et mes idées mal agencées , désolée les choupinous ! T_T) ; c'est triste mais c'est comme ça , parfois on devient accro à des séries clairement mauvaises et on passe à coté de potentiel chef-d'oeuvres , on ne choisit pas toujours ce que l'on aime .



Annyeong  ~



Have fun , Emi-chan <3

mardi 31 mars 2020

Littérature et Cinéma - Article N°1


Hey les Choupinous ! Série d'articles quelque peu différents qui débute aujourd'hui puisque je vais vous parler de films relativement anciens que j'ai visionné pour mon cours de Littérature et Cinéma . Petites précisions supplémentaire avant de démarrer mes avis : 1) ces films sont , pour la plupart , en noir et blanc ; 2) je n'ai pas lu les synopsis ni vu les bandes annonces avant de regarder ces oeuvres de manière à garder la découverte totale au moment du visionnage .

Sommaire :

Article N°1 :
Fritz Lang, Man Hunt [Chasse à l’homme], E.-U., 1941. 
Jacques Tourneur, Cat people [La Féline], E.-U., 1942.

Article N°2 :

Kenji Mizoguchi, Sancho dayu [L’Intendant Sancho], Jap., 1954.
Akira Kurosawa, Shichinin no samurai [Les sept Samouraïs], Jap. 1954.

Article N°3 :

Clint Eastwood, Letters from Iwo Jima , E.-U., 2006.
Terrence Malick, The Thin Red Line [La Ligne rouge], E.-U., 1998.

Article N°4 :

Carl Theodor Dreyer, Vampyr, ou l'étrange aventure d'Allan Gray, Fr., All., 1932.
Max Ophüls, Madame de, Fr., 1953.
Elia Kazan, Splendor in the grass [La Fièvre dans le sang], E.-U., 1961.



Man Hunt est un film de propagande anti-nazi qui , si je ne me trompe pas , a été réalisé alors que les États-Unis n'étaient pas encore impliqués dans la Seconde Guerre Mondiale . C'est donc une oeuvre cinématographique qui met en scène un type bien précis de personnages allemands qu'on retrouve dans la plupart des autres films de ce genre , c'est à dire des nazis menaçants (aux visages désagréables , au ton de voix agressif) , machiavéliques (ils piègent , manipulent , tuent , etc.) et grotesques (grand et maigrelet ; maladroit et portant un chapeau melon) . Ainsi , Man Hunt montre aux spectateurs que 1) les nazis viennent jusque chez eux pourchasser l'un des leurs et qu'ils faut donc les arrêter à tout prix et que 2) ils ne sont pas aussi forts qu'ils pourraient le croire puisque le héros de cette histoire arrive à les vaincre . On mobilise les troupes tout en leur donnant de l'espoir .

Man Hunt débute avec ce célèbre enchaînement de scènes sans dialogue qu'on retrouve dans de nombreux "vieux films" tout comme dans la plupart des épisodes de Columbo . Cependant , silence ne rime pas forcément avec ennuie , la preuve ici avec ce démarrage efficace qui intrigue fortement , tout d'abord parce qu'on se demande qui le protagoniste peut bien être en train de "chasser" puis parce qu'on comprend que la réponse est Hitler . 
Un autre point m'a également intrigué , mais pour des raisons bien différentes , il s'agit des bruitages étranges utilisés lors de certaines scènes . En effet , lors du passage "le chasseur se retrouve lui même chassé" au début du film , les aboiements des chiens ressemblaient à des sons de canards ou de klaxon et , dans une autre scène où le héro se trouvait sur les quais , le moteur du bateau en arrière plan faisait un bruit similaire à celui d'un portable en mode vibreur... Hormis ces quelques détails cocasses et plus amusants que réellement perturbants , j'ai trouvé la réalisation et la photographie du film réussies et j'ai particulièrement apprécié l’esthétisme créée grace à l'utilisation de différentes teintes de gris . 
L'histoire est simple mais efficace et intéressante à suivre et les nombreuses scènes de course poursuite sont très bien rythmées . Néanmoins , bien que je les ai apprécié , je dois bien avouer que je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages . Si les allemands sont de grands vilains machiavéliques , les anglais ont le cœur sur la main ! Le héros fait deux très belles rencontres , la première en la personne d'un jeune garçon qui travaille sur un bateau et qui , sans le connaitre et sans rien lui demander en retour , est prêt à se mettre en danger pour l'aider , et la seconde en la personne de Jerry , une jolie jeune femme extrêmement peu rancunière puisqu'elle accepte de lui prêter le peu d'argent qu'elle possède alors qu'elle ne le connait pas depuis plus de cinq minutes et qu'elle a toutes les raisons de se méfier de lui au vu du fait qu'il l'a pour ainsi dire prise en otage afin d'échapper à ses poursuivants... Pas forcément la meilleure des premières impressions , n'est-ce pas ? Pourtant Jerry se met rapidement à craquer sur lui (d'autant plus quand elle découvre que cet un gentleman riche et puissant) et devient une alliée fidèle , toujours prête à l'aider même si pour cela elle doit se faire passer pour une prostituée ou mourir . Quant à notre héros , il est intelligent , courageux et à une manière de penser intéressante (j'ai apprécié sa réflexion sur la chasse : la poursuite d'un "animal" est un sport , sa mise à mort n'est que pure barbarie et cruauté gratuite !) mais il n'est pas vraiment féministe (bon en même temps c'est l'époque qui veut ça , que voulez vous...) . En fait , au final , il m'a surtout rendu l'image d'un gentleman friqué qui propose d'offrir de l'argent à tout va , qui infantilise Jerry en l'appelant son "petit singe têtu" , sa "sangsue pleurnicheuse" ou encore son "enfant" et qui parle de sa sécurité tout le temps tout en la mettant quand même en danger en allant se réfugier chez elle et en lui demandant son aide quand il est dans la galère... 
Je ne me suis donc malheureusement pas sentie aussi concernée par le sort de ces personnages que je l'aurai voulu et je ne me souviendrais probablement plus d'eux dans quelques temps . Toutefois , quatre scènes de ce film ont réussi à me séduire et à me marquer , et c'est donc ce que je retiendrais de Man Hunt : sa scène d'ouverture (dont j'ai déjà parlé) , la scène de poursuite dans le métro , le dialogue entre Thorndike et le héro emprisonné dans son propre abri , et la scène de fermeture (avec l'émouvant hommage à un certain personnage mort avec la flèche dessinée sur l'avion du héro qui sait désormais pourquoi il "chasse" ; ici à lieu la naissance d'un héros de guerre alors que les jours sombres ne font que commencer...)

Conclusion : Quelques bruitages étranges , un petit manque de profondeur dans les relations entre les personnages et une impression que tout se déroule un peu trop vite (en tout cas à mes yeux) , mais tout cela est facilement compensé par la qualité de la réalisation et de la photographie et par l'intensité et l'intelligence de certaines scènes mémorables . Un très bon film de propagande anti-nazi !




Cat People est un film petit budget qui ne dure qu'une heure douze mais cela ne l’empêche en rien d'être de qualité . Tout d'abord , j'ai apprécié ce que j’appellerai la "justification des musiques de fond" , je m'explique : la grande majorité des musiques du film ne semblent pas rajoutées au montage pour créer une ambiance mais belle et bien intégrées directement dans les scènes qu'elles accompagnent , ainsi on peut voir un musicien de rue passer rapidement à l'écran , un petit orchestre joué en arrière plan d'un diner , l'héroïne siffloter et chantonner , ou encore un ouvrier chanter en travaillant . Deuxièmement , j'ai trouvé l'actrice Simone Simon parfaite pour son rôle , et ce principalement parce que son visage a quelque chose de très félin qui donne une dimension encore plus fantastique et surnaturelle à son personnage de femme-panthère . Et puis , j'ai totalement adhéré à ce style minimaliste , tout en suggestion , qui arrive à créer une certaine angoisse chez le spectateur sans pour autant montrer quoi que ce soit d'effrayant .

Dès la scène d'ouverture , on sent bien que quelque chose d'étrange et de sombre flotte autour de l'héroïne lorsqu'on la voit observer avec intensité une magnifique panthère noire enfermée dans une petite cage au milieu de la ville . Cette première impression se renforce d'autant plus lorsque , après s'être laissée draguer , dans un geste de fausse modestie , elle laisse son dessin représentant cette panthère poignardée s'envoler . Cette héroïne , dont le parfum chaud (fauve peut être même) , et non pas floral et délicat , embaume son appartement , n'hésite pas à inviter un homme qui lui était inconnu quelques instants auparavant chez elle ; détail qui pourrait s'expliquer par une nécessité d'avancer rapidement à cause de la courte durée du film mais  qui pourrait également être un signe révélateur du coté prédateur de l'héroïne . Coté qui se devine à nouveau par la suite lorsqu'elle chantonne près de sa fenêtre et que des rugissements semblent lui répondent , lorsqu'elle entre dans une animalerie et que les animaux s'agitent ("on peut tromper n'importe qui mais pas un chat" dit la vendeuse) , lorsqu'elle s'amuse à essayer d'attraper le canari et que , le voyant mort , elle le donne à manger à la panthère , ou encore lors des scènes où elle poursuit sa rivale et sur lesquelles je reviendrai par la suite .
En supplément de cette héroïne plus que mystérieuse , Cat People met en scène une histoire de sorcellerie qui contribue fortement à l'établissement d'une ambiance fantastique et angoissante . Tout commence lorsque l'héroïne décide de raconter une légende tout droit venu de son village , impliquant des prières à Satan , des femmes se transformant en panthères lorsqu'elles sont dépassées par leurs émotions négatives et un héro transperçant un chat car ce dernier est la représentation du mal . Puis , plusieurs scènes font écho à cette légende comme celles où une autre femme aux traits félins s'adresse à l'héroïne comme à une sœur dans un dialect de son village natal , ou bien celle où le "gars qui nettoie devant la cage" affirme que la panthère est une creature maléfique ayant un rapport avec l’apocalypse . 
Ce qui pourrait ne ressembler qu'à une simple superstition devient petit à petit une possible maladie mentale de l'héroïne avant de se révéler être en réalité un mal profond ancré dans son âme . Au départ , ce mal n'est pas spécialement handicapant , il a même l'avantage de la convaincre de prendre son temps dans sa relation avec le bel inconnu qui lui a volé le cœur (non parce qu'il faut bien avouer qu'avant que commencent ses angoisses sur ce passé qui viendrait la hanter leur relation avançait suuuuper vite O_o... toujours ce problème de courte durée du film ou alors est-ce qu'il y a eu une ellipse non précisée ou que je n'ai pas repéré ? aucune idée) . Ce mal amplifie et Irena se retrouve effrayée par ses pulsions , elle décide donc de "faire face intelligemment" à tout cela en allant consulter un psy... psy conseillé par la collègue féminine de son désormais mari... son mari raconte donc ses problèmes personnels à une autre femme... vous voyez de quel genre de "type bien" il s'agit ? Je ne supporte pas ce gars ! Le personnage est énervant et l'acteur manque cruellement de charisme ce qui n'arrange rien >_< ; enfin bref , revenons en au sujet de base . Lors de la première séance d'Irena chez le psy , on se retrouve face à son visage éclairé de lumière , tout le reste autour d'elle n'est qu'obscurité , et j'ai trouvé que cela apportait un aspect mystique à ses déclarations , cela ressemblait presque un rituel plutôt qu'à une consultation . Dans un premier temps , le personnage du psy apporte des explications rationnels aux éléments étranges qui se déroulent , faisant ainsi pencher la balance du fantastique vers le coté de l'étrange , du naturel . Il explique à Irena que la fixation qu'elle fait sur la clé permettant d'ouvrir la cage de la panthère représente sa tentation de libérer le mal , de le laisser se déchaîner , mais aussi son propre désir de mort ; elle représente sa peur de la panthère mais également son attirance pour elle , son envie d'en faire un instrument de mort . Mais cette psychanalyse n'est-elle pas vouée à l’échec dès le départ car , si Irena semble sincère dans sa démarche , on ne peut pas vraiment en dire autant de son thérapeute qui , loin de se montrer professionnel , ne pense qu'à une chose : la faire succomber à son charme . Toujours en est-il qu'il avait au moins raison sur un point : le voile de la mort poursuit bien Irena . 

Si le mal qui touche l’héroïne semblait pouvoir s'expliquer de manière rationnelle par son psy , la suite des événements nous prouvent que ses hypothèses étaient fausses et le film bascule alors définitivement vers le merveilleux , le surnaturel . 
Irena succombe de plus en plus profondément à son mal au fur et à mesure que sa jalousie , que son envie , et probablement aussi que ses pulsions sexuelles qu'elle tente de refouler , augmentent . Dès le début du film , elle avoue sans problème qu'elle "aime plaire" et qu'elle "envie toutes les femmes qu'elle croise dans la rue" , on se doute donc bien qu'elle réagira forcément mal en apprenant que son très cher mari se rapproche d'une autre derrière son dos . Et , en effet , elle se met rapidement à harceler au téléphone sa rivale et à la poursuivre tel un prédateur , ce qui donne lieu à de très belles scènes aussi esthétiques qu'angoissantes . La première montre la proie remonter le col de son manteau en frissonnant de froid mais aussi et surtout de peur en pensant apercevoir un chat noir sur la route (ce que j'ai trouvé un peu étrange vu qu'elle a elle même un chat noir pour animal domestique mais bon laissons ça de coté ^^") , il s'agit en réalité de l'héroïne qui , cachée dans l'ombre , la suit , la chasse . La rivale se transforme en potentielle victime traquée par un mal qu'elle ne peut pas voir mais qu'elle sait pourtant exister et , bien qu'elle s'en sorte indemne grâce à la lumière d'un bus qui vient effacer les ténèbres qui l'encerclaient , le spectateur sait qu'elle a probablement échappé au pire en découvrant les traînées de sang reliant les moutons dévorés à Irena . Dans la seconde scène , on retrouve le coté voyeurisme de l'héroïne qui se cache une nouvelle fois dans l'ombre pour observer son mari et sa rivale lors de leur sortie au musée . Les deux observés sont collés l'un à l'autre et teintés de blanc (ou de couleurs claires) tandis qu'Irena qui porte des habits sombres reste en retrait et les regarde d'un mauvais œil , tel un prédateur près à se jeter sur eux à tout moment . Finalement , elle laisse son mari tranquille et décide d'uniquement poursuivre sa concurrente en amour jusqu'à une piscine où , pour la première fois il me semble , se font entendre ses rugissement de panthère dans un sublime ballet de jeu d'ombres , de clairs-obscurs . Lorsque les lumières se rallument , tout laisse penser à une hallucination , à un mauvais rêve , tout sauf le peignoir de la rivale déchiré en lambeaux... 
Voilà , je m’arrête là , je n'analyserai pas la fin du film pour ne pas tout vous dévoiler , comme ça il restera une part de surprise si vous décidez de le regarder ^o^ (et puis de toute façon mon avis est déjà bien assez long comme ça ^^") .

Conclusion : Un film court à petit budget qui joue sur la subtilité et l’ambiguïté du genre fantastique pour attiser l'angoisse et l’intérêt du spectateur . Une excellente surprise pour moi !



Annyeong  ~



Have fun , Emi-chan <3

mercredi 20 décembre 2017

[Le Coin Littérature] Un reste de roman noir , du fantastique et les prémices de la SF part 1


Hey les choupinous ! Au programme de ce nouveau [Le coin littérature]
- deux romans du XIXe siècle dans lesquels on retrouve des traces de romans gothiques et qui abordent des questions telles qu'on en voit beaucoup dans le genre fantastique ainsi que des sujets dignes de science fiction (Frankenstein , de Mary Shelley / L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde , de Robert Louis Stevenson) ;
- quatre nouvelles fantastiques du XIXe siècle (William Wilson , d'Edgar Allan Poe) / Le Pied de Momie , de Théophile Gautier / Véra , de Auguste de Villiers de L'Isle-Adam / La Morte , de Guy de Maupassant)

Cet article sera présenté en deux parties : la première , publiée aujourd'hui , portera sur Frankenstein , de Mary Shelley, et la seconde partie , qui sera postée dans quelques jours , portera sur les quatre nouvelles fantastiques ainsi que sur L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde .

Let's goooo ! ^_^

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"Tout être présentant une différence avec la moyenne admise par la communauté humaine est par avance exclue de celle-ci ; qui s'arroge même le droit de menacer sa liberté , voire son existence ."


Frankenstein , roman de Mary Shelley publié en 1818 , est un véritable classique de la littérature britannique . En effet : qui n'a jamais entendu parler du monstre de Frankenstein ? Cependant force est de constater que peu de gens connaissent réellement la version originale de cette histoire ; certaines personnes attribuent même à tord le nom de Frankenstein à la créature décrite dans ce roman et non à son créateur . Mais alors de quoi parle réellement ce livre ?

A l'origine , tout est parti d'un petit jeu entre amis , une compétition d'écriture lancée par le Lord Byron , ainsi que d'une discussion macabre portant sur les travaux du Dr. Darwin : Pourrait-on ranimer le principe vital d'un cadavre grâce aux possibilités offertes par le "galvanisme" (applications de l’électricité selon les travaux du physicien Luigi Galvani) . Mary Shelley écrit ainsi l'histoire d'un homme , le Dr. Frankenstein , qui décide de se substituer à Dieu dans le rôle du Créateur grâce à ses compétences en sciences . Son roman est donc généralement considéré comme l’un des premiers textes à ouvrir la voie à un genre nouveau en littérature : la science-fiction (terme qui ne s'imposera pourtant qu'à partir du XXe siècle) . Mais , au moment de sa publication , Frankenstein est surtout considéré comme un très bon roman noir (ou roman gothique) . On retrouve en effet de nombreux éléments récurrents de ce genre telles que l’histoire d'amour entre Victor et Elizabeth qui se termine mal , les descriptions très macabres des cadavres utilisés par Victor pour achever sa création , le mot "horreur" qui revient souvent dans le texte , la série de récits en abyme enchâssés les uns dans les autres , ou encore les invraisemblances (comme par exemple l'étrange capacité de la créature à s'exprimer de manière absolument parfaite - comme on peut le voir lors de ses confrontations avec son créateur - alors qu'il a du apprendre cela de façon très rudimentaire) . Toutefois , comparé aux récits gothiques habituels , le récit de Mary Shelley est moins complexe , l'ambiance macabre plus discrète, l'horreur moins spectaculaire . De plus , fait nouveau , elle ajoute une dimension philosophique à son roman en abordant des questions (notamment sur la vie et la mort) et accorde une place privilégiée à l’intériorisation ; on peut ainsi se plonger dans les pensées des personnages et comprendre au mieux leurs tourments . On est donc très loin de l'ambiance renvoyée par les adaptions cinématographiques ; si on s'attend à une histoire effrayante , à des moments d'action , à un monstre incontrôlable extrêmement présent , ou à toutes sortes de choses du même style , on risque fort d'être déçu puisqu'en réalité Frankenstein est un roman plutôt lent , qui contient de nombreuses descriptions et dans lequel la créature n'est pas aussi présente que l'on pourrait le croire . 
Pour comprendre pourquoi ce roman a pu être considéré comme "effrayant" il faut se souvenir qu'à l'époque de sa parution les théories "galvanistes" fascinaient de nombreuses personnes . En faisant intervenir dans un monde réaliste une créature monstrueuse qui est la conséquence d'une science fortement à la mode à son époque , Mary Shelley est parvenue à créer un sentiment d'angoisse chez ses contemporains . En cela , son roman se rapproche du genre fantastique , même si il est vrai qu'il ne possède pas l'aspect questionnement sur l'origine naturelle ou surnaturelle de l'élément qui vient perturber le quotidien des personnages ; ici l'élément angoissant n'est autre que la créature et , comme on connait son origine scientifique , il n'y a donc pas d’hésitation propre au fantastique . 
On peut également remarquer dans ce roman l'influence romantique . Tout d'abord l'accent est mis sur les paysages qui sont comme une image analogique de l’intériorité des personnages . Et deuxièmement , on retrouve cette valorisation du moi qui s’opère au XIXe siècle et qui va de pair avec une crise du sujet , un mal-être fondamental qui revêt deux formes principales : l’aspiration vers la dissolution et la violence . 

Pour finir de parler des différents genres , il faut également noter l'aspect tragique (en proie à la fatalité qui mène vers la perte) des personnages de ce roman .  Le propre du personnage tragique est d’inspirer terreur et pitié , et c'est ce qu'arrive à faire à la perfection la Créature . Cette dernière n'est en rien responsable de sa monstruosité physique ; elle est victime des envies de grandeurs de son créateur qui , pour le plaisir de son petit ego , a décidé de lui faire une taille immense . Quant aux actes monstrueux qu'elle commet , ils ne sont que la conséquence de la froideur de son créateur à son égard . Au final , même si il arrive à cette créature de se montrer sans pitié et d'avoir un comportement qui peut nous glacer le sang , on ne peut s’empêcher de ressentir de la peine pour elle ; elle qui fut abandonnée au moment même où elle se mit à respirer ; elle qui ressentit de l’écœurement en découvrant la cruauté dont sont capables les hommes notamment en temps de guerre ; elle qui se contenta du minimum pour vivre et qui n'hésita pas à aider les hommes sans rien attendre en retour ; elle qui respecta toujours la nature et ne demanda jamais rien d'autre que d'être écouté , accepté et aimé ; elle qui se révéla être bien plus civilisée , bien plus intelligente , bien plus "humaine" que son créateur et , plus généralement , que les hommes ... Cette créature nous renvoie , tel un miroir , notre propre laideur , et nous fait réfléchir au fait que , finalement , le monstre c'est peut être nous . 
Par ailleurs , le Dr. Frankenstein est lui aussi un personnage tragique qui se trouve étroitement lié à sa créature . Il est tellement obsédé par ses recherches scientifiques qu'il en oublie sa belle vie , ses amis , sa famille ; il devient dépendant de la science comme d'une drogue , cela se transforme en une sorte de fatalité qui le pousse même à penser au suicide . Frankenstein raconte son histoire personnelle à un autre personnage et met ainsi ce dernier (ainsi que le lecteur par la même occasion) en garde à l’égard d’une science qui se croit toute puissante et , notamment ici , capable de créer la vie et de surpasser Dieu .


Conclusion : Frankenstein est un livre qui m'a parfois sembler un peu trop lent et dont les incohérences m'ont un poil perturbé puisque comme vous le savez je suis super tatillonne ^^ . De plus , je n'ai pas été fan de la stylistique du texte . Cependant j'ai trouvé les différents thèmes et sujets abordés vraiment intéressants j'aime tout ce qui parle de monstruosité , de créatures et créateurs ... etc. en général ^^ . En bref , j'ai aimé le fond (l'histoire , les thèmes abordés , l'aspect psychologique ...) mais un peu moins la forme (le style d'écriture de Mary Shelley) .


"Si un seul être quelconque éprouvait à mon égard une émotion bienveillante , je la rendrais multipliée au centuple , pour l'amour de cette seule créature , je ferais la paix avec toute l'espèce humaine!"


Annyeong  ~



Have fun , Emi-chan <3

vendredi 2 décembre 2016

[Le Coin Littérature] Littérature Latine et Romans d'Antiquité


Hey les choupinous ! Au programme de ce second article [Le Coin Littérature] :
- l'Enéide de Virgile , un des plus grands classiques de la littérature latine ,
- Le Roman d'Enéas , un des premiers romans d'Antiquité .
Let's goooo ! ^_^

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"Inclinez vous , écrivains romains , inclinez vous , écrivains grecs , Je ne sais quoi de plus grand que l'Illiade est en train de naître."

Comme je l'ai dit dans mon avis sur le film Tag , ma relation avec l'Enéide de Virgile est assez compliquée . En effet , le fait de devoir le lire m'a mise de mauvaise humeur et j'ai maudis cette oeuvre qui me volait mon précieux temps que j'aurais plutôt préféré investir dans la lecture d'un roman de fantaisie pour ado probablement banal mais distrayant ; je n’hésitais donc pas à dire haut et fort que ça m'aurait bien arrangé que les derniers vœux de Virgile soit exaucés et que son ouvrage soit brûlé , puisque cela m'aurait évité d'avoir à le lire . Cependant , malgré mes mauvaises paroles , j'ai pris un grand plaisir à étudier ce livre , notamment parce qu'il représente un grand puits de culture . Bah oui , l'Enéide est l'un des , si ce n'est LE , plus grands classiques de la littérature latine alors , avant même de le lire , on se doute bien qu'il recèle de grandes choses !

Dès les premières pages de l'Enéide , on ressent l'influence qu'Homère a eu sur Virgile et on reconnait les caractéristiques du genre épique : des apparitions de divinités à tout va , de très longues énumérations , des tonnes de métaphores et d'hyperboles , un sentiment de démesure , un sujet guerrier , un héros exceptionnel , du merveilleux ...
Ainsi , Virgile enrichie la langue et la littérature latine en imitant Homère et en développant une légende , celle des origines de Rome , qu'il n'a pas inventé mais qu'il a re-élaborée et recréé pour donner l'Enéide . On retrouve donc certaines parties très similaires à celles de l'histoire d'Ulysse : la tempête , le sauvetage , le récit en flash-back lors d'un banquet ... etc ; mais on découvre également des parties ayant subies des transformations importantes telle que le passage de la descente aux enfers qui , chez Virgile , est connotée d'une dimension religieuse ignorée de l'épopée grecque . Un grand travail de réécriture et de composition , donc .

Les six premiers chants de l'Enéide nous racontent de nombreuses choses intéressantes . Tout d'abord on vit ici la guerre de Troie du point de vue des Troyens et on apprend que cette tragédie était à la fois inévitable , puisque décidée par les Dieux , et nécessaire pour la construction futur d'une "meilleure Troie : Rome" . Ensuite , on découvre la courte et triste histoire d'amour entre Enée et Didon c'est parce qu’il est pieux et obéissant qu'il l'a fait souffrir et pas du tout parce que c'est un play-boy égoïste ... Mouai , mouai , mouai >_< puis les jeux en l'honneur d'Anchise , le père d'Enée , qui ressemblent fortement à un entrainement en vue de la future guerre à venir et , pour finir , on découvre l'intense passage de la Catabase . 
Les six derniers chants , quant à eux , se concentrent principalement sur la guerre qui oppose le "pieux Enée" au "pas si méchant Turnus" bah oui quoi , quand on te promet une femme et des terres depuis toujours et que , tout d'un coup , un étranger vient tout de piquer sous prétexte que "C'est les Dieux qui l'on dit , Nananinanèreeeu !" , je pense que t'as le droit de te révolter sans que cela fasse de toi un "méchant" pour autant ^^" ! .

Le problème c'est que cette épopée a été écrite par Virgile dans le but d'enraciner l'éloge du maître de Rome , c'est à dire d'Auguste , dans le passé le plus lointain de sa ville et de montrer que , loin d'être le fruit du hasard , son accession au pouvoir avait été voulue par le destin phrase paraphrasée de mon cours de transferts culturels je crois ^^ ; ce n'est donc pas un divertissement littéraire mais plutôt une épopée qui pose la question des origines de Rome . Du coup , ça sent la propagande à trente kilomètres ! >_< Mais ce qui m'a le plus dérangé dans cette histoire , c'est le personnage d'Enée en lui même . Dans l'Illiade d’Homère , Enée était un personnage déjà existant mais qui ne possédait pas un rôle capital ; l'écrivain disait même de lui que "au cœur de la bataille , Enée reste immobile , à l’arrière du gros ; il en veut toujours au divin Priam qui , malgré sa bravoure entre tous les guerriers , ne lui rend pas hommage" . A la suite de cela , Enée est vu comme un personnage lâche qui aurait fui sa cité en flammes au lieu de la défendre , ou de mourir en même temps qu'elle . Et , pire encore , des soupçons de traîtrise pèsent sur lui puisque , selon certaines traditions , il aurait lui même ouvert les portes de Troie au Grecs pour que ces derniers lui laisse la vie sauve à lui et à sa famille . Alors évidemment , Enée n'est pas le meilleur des ancêtres possibles à première vue ! ^^" Virgile va donc prendre sa défense dans son récit et faire intervenir , encore et encore , des divinités qui le dédouanent de ses crimes . Cela ne m'aurait pas tant dérangé que cela si il ne l'avait fait que pour le passage de la "nuit fatale de Troie" mais ce procédé est tellement utilisé que cela m'a vraiment donné l'impression qu'on essayait à tout prix de me convaincre que "Enée est suuuuper gentils et super pieux , et puis ses erreurs ne sont pas des erreurs puisqu'il ne fait que suivre les ordres des Dieux le pauvre choux , et blahblahblah ..." . Bref , vous l'avez compris , je ne suis pas vraiment adepte de se genre de propagande abusive et je ne suis pas une grande fan du personnage d'Enée >_< . 

Conclusion : L'Enéide est un livre tellement riche et passionnant à étudier que je pourrais dire encore pleins de choses dessus ... mais je préfère m’arrêter là pour que l'article ne fasse pas trois kilomètres de long ^^ . Cependant , même si d'un point de vue historique et technique c'est un "grand livre" , d'un point de vue divertissement littéraire c'est une véritable horreur ; c'est long , pompeux et ennuyeux ! >_<


"Cupidon, changeant de visage et de traits, prendra la place du doux Ascagne ; par ses présents il embrasera la reine affolée et mettra le feu à la moelle de ses os."

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"Jamais, je le crois, n'a bien aimé qui veut blâmer quelqu'un qui aime."

Au XIIe siècle , on trouve de nombreuses reprises en médio-latin des textes classiques mais on ressent également pour la première fois le désir de lire les auteurs de l'Antiquité en français ; ainsi , vers le milieu du siècle , apparaissent les romans d'Antiquité (également appelés "roman antiques") . Deux romans se disputent le titre de premier "roman" français : Le Roman de Thèbes et Le Roman d'Enéas .

Tout comme Virgile avait donné des lettres de noblesse à la langue latine en s'inspirant d'Homère pour écrire l'Enéide , l'auteur anonyme du Roman d'Enéas offre ses lettres de noblesse à la chevalerie du Moyen Age en s'inspirant de Virgile pour confectionner son oeuvre .
Le Roman d'Enéas a pour source l'Enéide de Virgile ; à plusieurs reprise l'auteur de ce livre suit le texte latin mot à mot , comme pour le passage de la catabase ou de la tempête déclenchée par Junon . Cependant l'auteur fait également preuve d'invention et ajoute ou modifie des passages de son hypotexte pour l'actualisé et ainsi adapté l'histoire à son époque . Ici les héros antiques sont donc peints sous les traits des chevaliers du XIIe siècle : les compagnons d'Enée sont présentés comme ses barons ou ses chevaliers et , tel un seigneur féodal , Enée consulte ses derniers avant de prendre des résolutions . De plus , les descriptions de batailles , des sièges et de l'armement des combattants , renvoient aux réalités militaires médiévales . 
Aux XIIe siècle , de nouvelles thématiques apparaissent , une inspiration baroque s'épanouit et la femme fait réellement son entrée dans la littérature . Ainsi , les personnages de Didon , Camille et Lavine ont ici une plus grande importance . 
Ce siècle porte également beaucoup d'importance au respect de la religion et des mœurs . L'épopée latine se retrouve donc christianisée : de nombreux rituels païens décrits par Virgile sont omis et les invocations aux Muses sont supprimées tout comme la plupart des scènes mythologiques . Ainsi , les actions commises par des messagers des Dieux dans l'hypotexte sont ici rationalisées (l'implication des Dieux est remplacée par l'action d'un être humain ou par un simple concours de circonstances) . Il en va de même pour la descente aux Enfers , thème qui fait partie intégrante de l'apologétique chrétienne et dans lequel on peut ici voir le thème du purgatoire pointer le bout de son nez .
L'adaptateur recouvre donc les motifs antiques de motifs chrétiens .

En ce qui concerne la structure , on peut expliquer la découpe de ce livre de deux façons : 

-La première est la suivante : la première partie de ce livre repose sur le thème de l'errance et de la quête ; la partie centrale est consacrée à la guerre pour l'obtention simultanée de l'épouse et du fief ; et la dernière partie se concentre sur les amours d'Enéas et Lavine (passage qui n'existait pas dans l'Enéide et qui donc été rajouté par l'auteur du Roman d'Enéas) . Dans ce livre , le "pieux Enée" laisse place au "Enéas amoureux" qui représente une invention médiévale , celle du héros découvrant les surprises et les tourments de l'amour avec Lavine . 
-Mais on peut également découper ce roman en trois mouvements où chacun d'eux trouve son unité autour d'un des thèmes associés aux trois déesses . Le premier mouvement développe donc le thème de Junon , la puissance et la gloire , et est consacré à la quête de la terre promise . Le second développe le thème de Pallas , prouesse et "chevalerie" , et retrace les épisodes qui marquent la guerre que Turnus livre à Enéas . Le dernier répond au thème de Vénus et dépeint la naissance de l'amour entre Lavine et Enéas .

En ce qui concerne la stylistique , les auteurs de romans antiques , à l’exception d'Alexandre de Paris , utilisent le couplet d'octosyllabes à rimes plates , qui deviendra le mètre romanesque par excellence . Je trouve que ce procédé rend le Roman d'Enéas beaucoup plus facile et agréable à lire que l'épopée latine de Virgile . Cependant , même si j'ai pris beaucoup plus de plaisir à lire le Roman d'Enéas qu'à lire l'Enéide , j'ai trouvé que l'hypotexte était beaucoup plus intéressant à lire que son hypertexte . De plus , même si l'auteur du Roman d'Enéas a fait des changements (amplifications , abréviations , modification de la succession des événements ...) très judicieuses qui permettent de fluidifier l'histoire , de la rendre plus compréhensible et moins ennuyeuse , il n'a pas réussi à me faire ressentir autant d'émotion que dans certaines scènes de l'Enéide (notamment dans la scène de mort des amoureux Nisus et Euryale) . Autre petite différence pour finir : ici j'ai eu moins de compassion envers Turnus et j'ai un tout petit peu moins détesté Enéas . ^^'

Conclusion : Le Roman d'Enéas s'inspire très fortement de l'Enéide de Virgile tout en apportant de nouvelles idées . Ce livre se concentre sur les personnages féminins et la peinture du sentiment amoureux , plutôt que sur les tableaux de combats de son modèle . De plus , le rythme est plus entraînant , les interventions des divinités sont presque inexistantes et le style est plus agréable . Cependant certaines scènes sont moins puissantes que celles originales (la catabase , la mort de Nisus et Euryale ...) ce qui est un peu dommage .


"Oh ! malheureuse, comme il me tarde qu'il me fasse subir son châtiment ! Très cher ami, si cela vous plaisait, je me rendrais nu-pieds à votre tente ; ce serait un délice, je n'éprouverais ni mal ni douleur."


Annyeong  ~


A force , ça va devenir une habitude de mettre V à la fin de mes articles [Le Coin Littérature] , hihihi ^^

Have fun , Emi-chan <3

mardi 5 juillet 2016

[Le Coin Littérature] Balzac et Beckett


Au programme de ce premier article [Le Coin Littérature] : Trois livres de Samuel Beckett (En attendant Godot , Oh les beaux jours et Fin de partie) et trois histoires signées Honoré De Balzac (Le Père Goriot , L'élixir de longue vie et El Verdugo) . Let's gooooo ! ^_^

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Le Père Goriot - Honoré De Balzac

"Je n'ai point froid si elles ont chaud, je ne m'ennuie jamais si elles rient. Je n'ai de chagrins que les leurs."

Le Père Goriot n'est pas un livre réputé pour être "facile" à lire , et ce notamment à cause de ses premières pages remplies de descriptions , cependant j'ai pris énormément de plaisir à le découvrir et à le lire . Après ces déclarations , vous devez surement vous dire que j'adooore le mouvement réaliste et ces fameuses longues descriptions à ne plus en finir ... Et bien non ! Au contraire même , je dois bien avouer que je n'accroche pas facilement aux histoires dont le rythme est cassé par cela , Madame Bovary m'en est témoin  >_< . Pourtant , mon expérience avec Le Père Goriot c'est très bien passé ; alors , si vous aussi les pavés de descriptions à tout va vous rebutent , laissez tout de même une chance aux livres qui en contiennent , vous verrez : on est jamais à l'abris d'une bonne surprise . ^_^

Le Père Goriot contient donc de nombreuses descriptions qui sont parfois un peu trop longues , certes , mais qui ont le mérites de réussir à totalement nous plonger en plein automne 1819 à Paris . Il est particulièrement facile de s'imaginer la pension Vauquer , répugnante et déprimante à souhait , et cela permet de rendre le récit plus réaliste mais aussi plus vivant , je trouve . Et puis , évidemment , il n'y a pas que des descriptions dans ce livre ; il y a également une histoire bouleversante dans laquelle sont incorporés de nombreux thèmes et sujets intéressants et délicats et presque tout autant de personnages imparfaits mais tellement humains .


Le Père Goriot c'est tout d'abord l'histoire d'un père qui aime ses filles plus que tout mais qui les aime mal . En effet , il cède aux moindres de leurs caprices , quitte à ruiner à la fois ses finances et sa vie ; il les surprotègent et les pardonnent constamment et , comme il ne reçoit toujours aucune reconnaissance de leur part , il finit par acheter leur amour . Le Père Goriot c'est donc tout d'abord l'histoire d'un homme mal aimé , pitoyable et terriblement attachant et touchant .

Mais Le Père Goriot c'est aussi et surtout l'histoire d'Eugène de Rastignac , un jeune homme ambitieux qui , en partant à la conquête d'un titre , va faire la connaissance de deux hommes qui prendront la place de pères de substitution auprès de lui (ces deux hommes étant le Père Goriot et Vautrin) . Tout d'abord innocent et un peu naïf , Eugène de Rastignac qui croyait initialement en l'amour et en la possibilité de réussir tout en restant moralement propre , finira par devenir aussi ambitieux et cynique que Mme de Beauséant et que Vautrin . Le Père Goriot c'est donc surtout l'histoire d'un jeune homme ambitieux qui va découvrir les codes et les habitudes de la haute société et comprendre que , dans ce monde , seul l'argent est roi .
Pour finir , Le Père Goriot c'est un livre qui nous parle énormément d'argent mais également de paternité . Commençons par notre chère Père Goriot ; c'est un père qui aime ses filles , qui les aime mal certes mais qui les aime plus que tout au monde quand même ; il serait près à donner son argent et même sa santé pour elles . Ensuite nous avons le père de Victorine , Monsieur Taillefer , qui est l'exact opposé et donc l'archétype même du père absent et odieux . Ce dernier rejette constamment sa fille , il refuse même le seule idée de la reconnaître alors que Victorine est une jeune femme absolument adorable ; elle est innocente et généreuse , elle se moque de l'argent et ne recherche qu'un amour sincère . Et puis finalement , nous avons Vautrin car , même si ce dernier n'est le père biologique de personne , il joue bien les pères de substitution pour Rastignac et Victorine en apprenant les codes de la société au premier et en prenant soin de la seconde .

Au final , Le Père Goriot est un livre extrêmement riche qui nous parle de nombreuses choses : d'expériences de vie , d'argent , de pouvoir , de vieillesse , de morale , de perte de l'innocence , d’ambition , d'amour , de religion ....

Un livre composé de longues descriptions un peu effrayantes aux premiers abords mais que je vous conseille tout de même de tester parce que , on ne sais jamais , vous pourriez vous surprendre à l'adorer . Et puis , vous verrez , les dialogues sont piquants à souhait ! ^o^

"Goriot mettait ses filles au rang des anges, et nécessairement au-dessus de lui, le pauvre homme ! Il aimait jusqu'au mal qu’elles lui faisaient."

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L'élixir de longue vie (précédé de El Verdugo) - Honoré De Balzac

"Ah ! ne m'en parlez pas, s'écria le jeune et beau don Juan Belvidéro, il n'y a qu'un père éternel dans le monde, et le malheur veut que je l'aie !"

Deux petites nouvelles de Balzac : 
Dans L'élixir de longue vie , Balzac réalise une réécriture du personnage de Don Juan et de l'histoire de Faust . Ce nouveau Don Juan est un personnage égoïste , frivole , arriviste ... Oui , je pense que l'on peut dire que c'est un personnage totalement détestable ! >_< L'histoire est courte mais particulièrement marquante parce qu'elle a quelque chose de perturbant , d'angoissant voir même d'effrayant . Le passage où Don Juan écrase l’œil de son père m'a hanté pendant pas mal de temps T_T . D'un point de vue artistique comme technique , ce n'est pas mon livre préféré écrit par Balzac ; cependant , il faut bien reconnaître que le style d'écriture baroque est intéressant et que de nombreux thèmes fantastiques et sombres sont abordés (la paternité et le parricide , l'inacceptation de sa nature mortelle , les dangers de l'immortalité , la religion et ses croyances , la résurrection ...) .
Quant à El Verdugo , c'est un texte très court (une dizaine de pages seulement) narrant une histoire tragique , sadique et cruelle se déroulant durant la campagne d’Espagne de Napoléon .

Conslusion : Ces deux nouvelles ne font clairement pas partie de mes lectures favorites , vous l'aurez compris , mais elles sont courtes donc pourquoi ne pas les tenter ? 


"La mort est aussi soudaine dans ses caprices qu'une courtisane l'est dans ses dédains, mais plus fidèle, elle n'a jamais trompé personne."

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En attendant Godot - Samuel Beckett

"Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent."

Le théâtre de l'absurde est un style que je n'avais que peu côtoyé et aimé avant de lire les trois œuvres de Beckett dont je vais vous parler dans cet article . Et maintenant , est ce que j'aime ce style ? Et bien en fait , je ne sais pas vraiment mais en tout cas , une chose est certaine , c'est que j'ai trouvé cette expérience très intéressante .

En attendant Godot est une pièce de théâtre en prose et en deux actes qui abordent une multitude de thèmes philosophiques tels que le sens de la vie , le temps qui passe , la remise en question de l'utilité de la mémoire , la routine incessante et déprimante ou encore l'espoir dans la foi . Il n'y a clairement pas beaucoup d'action dans cette pièce , et c'est peu de le dire ! , mais pourtant cela m'a intéressé ; je ne comprenais pas bien au début , je n’étais même pas sur qu'il y avait réellement quelque chose de profond à comprendre mais j'avais envie de comprendre . 

Les décors sont quasi inexistants (un arbre , un banc ...) , les personnages sont étranges (des "clochards" , un "maître" et son "esclave" , un "enfant serviteur de Godot" ...) , les dialogues semblent répétitifs et dénués de toute logique ... Mais malgré tout cela , j'ai ressenti que En attendant Godot était une pièce intéressante sur le temps qui passe et la répétition de nos actes jours après jours . Je me suis posée de nombreuses questions comme "Godot existe-t-il vraiment ?" , "Et de quoi ce dernier doit-il sauver nos personnages principaux ? De l'ennuie tout simplement ou d'autre chose ?" , "Sommes nous dans un univers absurde ou est ce censé être une représentation d'un monde post apocalyptique où ces personnages étranges seraient les derniers survivants de l'humanité ?" , "Pourquoi cette obsession des pieds ?" ... Et tant d'autres . ^^'

Au final , En attendant Godot est une pièce composée de dialogues de sourds , de situations absurdes et de véritables réflexions philosophiques sur l'absurdité de l'existence . Le théâtre de l'absurde est un style particulier et Beckett n'est pas un auteur qui fait l'unanimité , avec lui soit on adhère soit on déteste donc , comme d'habitude , je vous conseille de tester pour vous faire votre propre idée , hehe . ^_^

Ah ! Et sinon , petite anecdote , plus de cent ans avant Beckett , Balzac avait mis une pièce nommé Mercadet qui parlait notamment de l'absence et de l'attente à travers le personnage de Godeau . 

"Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire."

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Oh les beaux jours - Samuel Beckett

"Non, il faut que ça bouge, quelque chose, dans le monde, moi c'est fini."

Je me souviens avoir lu un jour un commentaire disant "Beckett c'est indigeste à lire mais beau à voir" ; et bien cette phrase a pris tout son sens pour moi lorsque je me suis lancée dans la lecture de Oh les beaux jours car , des trois ouvrages de Beckett dont je vais vous parler dans cet article , c'est bien celui ci que j'ai trouvé le plus compliqué et le moins agréable à lire . J'ai aimé Oh les beaux jours ... mais pas tout de suite , il m'a d'abord fallu le finir , puis j'ai du y réfléchir un moment , à tête reposée , pour comprendre toute son ampleur et enfin me dire "Oui , cette pièce est belle !" . 

Oh les beaux jours est un monologue de théâtre , ou plutôt un "faux monologue" puisque , même si Willie est caché à l'arrière et qu'il ne parle pas , il pousse tout de même de temps en temps des petits grognements que l'on pourrait interpréter comme des réponses aux questions de Winnie . Cette dernière est une femme d'une cinquantaine d'années , à demi-enterrée jusqu'au centre d'un mamelon , qui sort des objets de son sac , les décrit puis finalement les range à leur place initiale . Elle parle de ce qu'elle veut faire de sa journée , elle raconte ses souvenirs passés , elle tente de communiquer en vain avec son tendre Willie ... Elle perd la mémoire , les jambes , la vue ... Pourtant elle garde la joie de vivre , elle s'obstine à survivre et à prendre soin de son Willie ; et c'est pour cela que ce personnage est aussi émouvant et attendrissant . 

Beckett aborde ici des thèmes qui lui son familier : le temps qui passe , la condition humaine , l’incessante répétitivité de la vie , la solitude , l'attente , le silence , le langage qui perd son sens ... Les didascalies sont abondantes et c'est principalement pour cette raison que ce texte est aussi difficile à lire ; cependant c'est aussi grâce à ces fameuses didascalies et à tout ces silences très présents que les rares paroles de Winnie arrivent à avoir autant d'impact . 


Au final , Oh les beaux jours est une pièce pleine de philosophie qui est très intéressante à étudier mais que je vous conseille plus de voir que de lire parce qu'elle est assez compliquée .


"Étrange sensation, que quelqu'un me regarde. Je suis nette, puis floue, puis plus, puis de nouveau floue, puis de nouveau nette, ainsi de suite, allant et venant, passant et repassant, dans l'œil de quelqu'un."

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Fin de partie - Samuel Beckett

"Des fois je me demande si j'ai tous mes esprits. Puis ça passe, je redeviens intelligent."

Fin de partie est la troisième et dernière pièce de Beckett dont je vais vous parler aujourd'hui . Comme dans les précédentes œuvres citées , on aborde des thèmes importants pour Beckett : le temps qui passe , la mort qui approche , la répétitivité des choses , l'immobilité , l'absence de sens dans les paroles ... On retrouve également les décors minimalistes , l'humour noir , les personnages pathétiques et émouvants et évidemment ces trop nombreuses et donc dérangeantes didascalies "un temps" grr >_< . Et puis on rajoute quelques dialogues savoureux , et voilà ! , nous avons Fin de partie .

Cette pièce met en scène Hamm , un personnage principal aveugle qui se montre souvent odieux dans ses paroles et qui ne peux déplacer son fauteuil roulant qu'avec l'aide de son "peut être fils adoptif" , Clov , qui marche lui même plutôt difficilement . Quant aux parents de Hamm , Nell et Nagg , ils ont perdu leurs jambes dans le passé lors d'un accident de tandem dans les Ardennes et se voient obligés de vivre depuis dans des poubelles mais , malgré cela , ils continuent de rire de leur malheur et de s'aimer comme au premier jour . 
Tout ce "joli petit monde" semble coincé derrière ces quatre murs et ces deux fenêtres ; ils attendent "l'heure de la blague" , "l'heure des médicaments" , "l'heure du repas" ... Ils attendent que les jours passent , tout comme certains attendent Godot ou que d'autres attendent tout simplement la mort .

Au final , Fin de partie est surement plus "facile" ou plus agréable à lire que En attendant Godot ou que Oh les beaux jours , grâce à son nombre de personnages plus important et à ses dialogues remplis d'humour noir et de sarcasme .


"J’emploie les mots que tu m’as appris. S’ils ne veulent plus rien dire apprends-m’en d’autres. Ou laisse-moi me taire."

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Annyeong  ~


Non , non , ne cherchez pas , il n'y a absolument aucun rapport avec le reste de l'article ... XD

Have fun , Emi-chan <3